Vincent Regnault : Entrevue avec le Champion de France de Pole Dance 2019



Né en Haute Marne dans la petite ville de Langres, Vincent Regnault, 25 ans, a suivi un cursus scolaire très varié. Après avoir obtenu la mention "Bien" à son Bac S, il s’oriente dans les STAPS avec l’optique de devenir Instructeur EPMS au sein de l’armée de Terre. Se rendant compte que ce métier ne lui était pas adapté, il se réoriente dans l’ingénierie où il devient major de promo, ce qui lui permet de postuler dans une école d’Ingénieur en Eco-Conception de produit.


Passionné de sport et en couple avec une personne branchée « yoga/naturopathie », il remet en question son cursus actuel. C’est alors qu’il découvre la Pole Dance, au studio Dragon Pole Dance sur Besançon. Studio tenu par sa conjointe Emmeline Scachetti – Vice Championne Master de France –.


Si au départ il souhaitait juste apprendre à faire le drapeau sur une barre, il s’est finalement bien familiarisé à la Pole Dance notamment grâce à Emmeline qui lui a donné l’envie de rester et qui a su lui apporter des éléments d’enseignements liés à la force.


C’est alors qu’il a pratiqué avec assiduité la Pole Dance. Aujourd’hui, Vincent enseigne chez Dragon Pole Dance ce qui lui vaut six séances par semaine.


Crédit photo : Johan Hannequin

Vincent, toi qui compte ton premier podium au championnat de France, quel goût a cette première victoire ?

Premier podium au championnat de France, oui, mais ce n'est pas mon premier podium en compétition. Cependant, je dois bien avouer que ce podium est particulier, le niveau est incroyable et la renommée de cet événement le rend unique, ce n'est pas un Pole Art, on est officiellement sur une compétition nationale. Il s'agit de se faire une place dans notre pays, l'état d'esprit est selon moi, différent. Cette victoire est donc une grande fierté, car au bout de 3 ans de pratique cela présage que du bon pour l'avenir et je vais travailler pour. Bien qu'ayant gagné, je ne suis pas satisfait de mon travail, mon niveau et ma performance, donc cela me motive à plus me donner pour mes élèves, le public et pour moi-même. D’ailleurs, le public a, je crois, sans fausse modestie, adoré le numéro que j'ai proposé, ils se sont laissé entraîner par le personnage. J'ai reçu un nombre impressionnant de félicitations et le public présent me disait avoir été transporté par ce numéro. Pour tout ceci je ne peux que dire MERCI, gagner est une chose, mais avoir un soutien aussi appuyé lors d'une prestation et/ou remise de prix c'est encore autre chose, juste incroyable.



Ton évolution en si peu de temps est fulgurante, où as-tu trouvé cette motivation ?

Je pense que depuis mes 16 ans, j'ai été habitué à faire beaucoup de sport j’ai pratiqué du judo, mais seulement une ou deux fois dans la semaine . Par la suite, je suis passé de la musculation & crossfit, à la Pole Dance & assouplissement. Au final ce n'est qu'une question d'habitude. En rentrant du boulot j'allais au sport, désormais, je vais au studio. En contrepartie, associer une vie professionnelle qu'importe soit-elle je suis depuis, devenu professeur de Pole mais les cours que je donne ne sont pas la même chose que les entraînements personnels avec une passion débordante qu'elle soit sportive, artistique, intellectuelle etc, prends du temps. Ce n’est qu’une question de choix et comment on remplit son emploi du temps ! Cependant, ce qui a énormément contribué à ma motivation est le travail de la souplesse et l’équilibre. Je me vois faire des tricks et poses dont je ne pensais pas mon corps capable, et c’est ce qui me motive davantage. Au final, je pense que ce qui me boost, c'est bel et bien le dépassement de soi et ses limites. Désormais, je trouve le plaisir dans la pratique de la contorsion.



Tu as fait ton ’apprentissage en autodidacte ?

Mon apprentissage et mes connaissances m’ont été essentiellement enseignés par Emmeline Scachetti, qui est pour moi, la meilleure enseignante que j'ai eu l'occasion de rencontrer tous Workshops confondus. Elle convient à un très grand nombre d'élèves : elle est douce et pédagogue, un bon niveau en souplesse couplé à une technicité incroyable. On ne veut pas forcement le meilleur au monde, mais quelqu'un capable de nous enseigner toutes les figures jusqu'au niveau « avancé » et qui fait attention au corps et ses placements. Le reste de mon apprentissage est grâce aux Workshops avec différents artistes masculins tels que Politov, Fedotov, Juan Palochino, Cris Saez, et féminins avec Heidi Coker, Natasha Wang, Amandine Philippe, Yvonne Smink. Ils ont été parfaits pour apprendre les tricks les plus avancés notamment avec Dimitry Fedotov, l'un de mes Workshops préférés, Russian, of course !



Avant de monter sur scène pour le championnat de France, as-tu tenté d’autres représentations en France ou ailleurs ?

Avant les championnats de France 2019, je devais participer à ceux de 2018, ce qui ne s'est pas réalisé en raison d'une blessure à l'oblique à mon dernier entrainement. Autrement, j'ai participé au Pole Art UK en 2018, où j'ai remporté la victoire homme. Il n'y avait pas d'homme niveau Elite, mais en Semi Pro seulement, ce qui était très bien, car mon niveau était je pense, semi pro. Mais si Sam King ou bien Dan Rosen avaient participé, ils auraient remporté ce prix !



La Pole Dance se fait de plus en plus connaitre, et le regard de ce sport si souvent stigmatisé commence à évoluer. En tant qu’homme, quelle est ton approche vis-à-vis de ça ? Souhaites-tu à travers la Pole Dance, montrer en quelque sorte que la souplesse et cette activité sportive sont aussi adaptées aux hommes ?

Voir un homme pratiquer ce sport est toujours une bonne chose. En tant qu’homme, je pense que je véhicule une bonne image sur la Pole, car ma pratique est à base d'éléments de force et de dynamisme, ça fait toujours son effet sur un public non initié. Mais je n'exclus pas la souplesse, j'ai la « chance » d'être relativement souple pour un homme. C'est toujours impressionnant de voir un homme faire un « Eagle », ça permet vraiment de montrer l'aspect force et souplesse de la discipline que l'on attribut à tort aux femmes. Je vais donc essayer de participer à d'autres événements pour montrer sans connotation ce qu'est la Pole.


Crédit photo : Johan Hannequin


Une anecdote à nous partager sur cette compétition ou ton chemin en tant que poleur ?

J'adore enseigner et transmettre par contre, je ne peux pas m’entraîner à plusieurs, je suis insupportable. Si j'ai des amis avec moi, je n'arrive pas à être focus ni à me concentrer sur mon propre entrainement. Je suis souvent sollicité pour les aider et les conseiller. Du coup, je préfère faire mon training tout seul avant que mes amis arrivent, comme ça, je peux être disponible et me concentrer sur eux.

J'ai tendance à m’énerver réellement si je ne parviens pas à réaliser une figure ou combo. Je vais essayer de le faire pendant des heures et m'énerver jusqu'à y arriver, ce qui n'est pas très agréable pour les copains !

Ma chorégraphie lors de la compétition m'a pris beaucoup d'énergie. Mentalement ça m'a beaucoup épuisé, si bien que je n'arrivais pas à faire la partie statique initialement prévue. Je me suis dit qu'il fallait que je fasse quelque chose d'autre, alors j'ai enchaîné sur un combo un peu plus compliqué en force et dynamisme et ça ne m'a posé aucun soucis. Mais dès que je voulais faire mon combo prévu qui était bien plus facile, je n'y arrivais pas, mentalement ça ne marchait pas.



Après le championnat de France, que peut-on te souhaiter de réussir à l’avenir ?

Après le championnat, on va essayer de viser les autres podiums avec Emmeline, Mellie, Salomé et Angie. Nous sommes motivés pour le championnat mondial qui se déroule à Fredericton, au Canada. Je pense essayer par la suite une compétition IPSF car, beaucoup pensent que je me débrouillerais bien en Pole Sport. C’est une occasion de montrer une belle démonstration des qualités physiques d'un athlète mais je ne trouve pas IPSF très passionnant... Je souhaiterais également participer à des événements qui me font rêver comme par exemple le Pole Art France Si quelqu'un le reprend, malheureusement, l'événement est en suspens pour l'instant . Les prestations qui m'ont vraiment marqué, proviennent de l'édition 2017. Je pense aussi au Pole Art UK, si nos emplois du temps nous le permettent, car l'organisation était sympa et ce n'est pas si loin de chez nous.

Un souhait ? Développer notre école, Dragon Pole Dance et former des compétiteurs parmi nos élèves.



Merci Vincent Regnault du temps que tu nous as accordé. Encore félicitations pour ton titre, et nous te souhaitons un beau chemin de réussite dans le monde aérien.

Retrouvez-le sur Instagram:

@vincent_regnault


Crédit photo : Johan Hannequin

Maud Grsl,

A bientôt dans les airs


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